Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon
Fronts & Frontières

Une unité de recherche ancrée territorialement

La détermination du champ d’investigation de la recherche déployée à l’ISBA a tout d’abord obéi à son ancrage historique, culturel et géographique. En effet, l’école s’est développée depuis le XVIIIe siècle dans ce fameux « arc jurassien » que les historiens français et helvètes qualifient souvent comme la terre natale en Europe de l’anarchosyndicalisme.

Besançon, qui a vu naître Proudhon et Fourier, s’est très tôt affirmée en effet comme la capitale de cette terre de coopératives ouvrières qui, des premières fruitières de Comté à la première caisse du Crédit agricole, de la Fraternelle de Saint-Claude à la Saline royale d’Arc-et-Senans, s’est forgée une réputation de frondeuse aux réflexions politiques ne dédaignant pas l’utopie.

C’est donc dans un même mouvement que l’on peut évoquer ici le Courbet de la Commune et les rêves œcuméniques aussi théologique qu’architecturaux de Le Corbusier à Ronchamp ou de son célèbre adjoint Josep-Lluís Sert qui conçut avant même la Fondation Maeght les bâtiments que nous habitons et qui, architecte du pavillon espagnole de 1937 accueillant Guernica, fut ensuite contraint de fuir le franquisme pour les États-Unis, ou bien encore les convulsions autogestionnaires de « Lip », moment essentiel dans l’histoire du mouvement ouvrier français, et la création du SMIC inspiré, admet-on couramment aujourd’hui, par les efforts pionniers d’une municipalité bisontine. Si l’on joint à cette histoire aussi mouvementée que spécifique, la situation éminemment transfrontalière de la ville universitaire comtoise, l’on ne saurait s’étonner du choix de l’appellation de notre unité qui sonne comme un programme fédérateur : Fronts & Frontières (titre d’un ouvrage bien connu du géographe politique et diplomate, Michel Foucher).

Celle-ci s’attache en effet à comprendre en son sein les propositions plastiques et graphiques qui interrogent (à commencer par elles-mêmes comme disciplines) les frontières de tous ordres et leur processus de légitimation.
Qu’il s’agisse des déterminations de genre ou de pratiques culturelles, telle l’auto-représentation par exemple, des pratiques de travail et leur inscriptions sociales et ethnologiques, ou encore de la vision du corps vivant de l’artiste, Fronts & Frontières propose au plus grand nombre les réflexions croisées de créateurs et de chercheurs académiques qui traitent de ces sujets, permettant de remettre en cause bien des préjugés. Et ce, sans craindre l’affrontement ou la prise de position intempestive.
Aussi impliquée dans la question de la diffusion publique des œuvres que dans les questions de la sexualité ou du travail en lutte, Fronts & Frontières tente également de mettre en relation dans un système de références organisées et une structuration en réseau, des acteurs internationaux qui de l’école d’art de Chittagong au Bangladesh à l’AFSA d’Athènes, de l’ERG de Bruxelles à l’UCAM de Montréal, trouvent en ses sujets une occasion à penser, à créer, à montrer et à diffuser, voire à se mobiliser et à se battre.
Dans un monde que nous pensons de plus en plus crispé sur des interrogations identitaires, notre unité génère des complicités et des solidarités internationales sans lesquelles aucune communauté scientifique véritable ne serait pensable et trouve chaque jour davantage de jeunes chercheurs/créateurs qui souhaitent nous rejoindre aspirant à une création plastique et graphique poreuse aux problématiques sociales, économiques et géopolitiques.

Moins « engagée » que « située » pour reprendre la distinction sartrienne bien connue, cette unité de recherche « en situation », une fois encore, trouve en son territoire même quelque légitimité. C’est en effet, non loin de l’ISBA que le village de Champagney a, pour reprendre les mots d’Aimé Césaire, « sauver l’honneur des Lumières » en inscrivant, le seul dans le royaume, la fin de l’esclavage comme première de ses « doléances ».
Située entre la « mort blanche » du château de Joux où périt abandonné de tous Toussaint Louverture et ce village héroïque visité par les plus grands noms de la « Négritude », l’ISBA s’est ainsi pensée comme légitime et, qui sait peut-être, en quelque sorte obligée de faire de Fronts & Frontières, l’unité programmatique de sa recherche/création.

Objectif Général
Depuis 2012, les deux axes de recherche Contrat Social et Corps de l’artiste qui constituent le cœur de l’unité Fronts & Frontières n’ont cessé de se développer en vue d’approfondir et de fédérer les recherches/créations liées à l’engagement de l’artiste et à la situation politique, économique et sociale de l’art dans une approche résolument internationale et transdisciplinaire.

LES POLES DE RECHERCHE

Contrat Social

Le Corps de l’artiste


Partenariat recherche avec des établissements d’Enseignement Supérieur :
Laboratoire ThéMA de l’université de Franche-Comté (France), Laboratoire d’esthétique du geste de l’Université de Franche-Comté qui regroupe le Centre chorégraphique national de Franche-Comté à Belfort, le Centre dramatique national et le Conservatoire, Le Laboratoire CIMEOS (EA4177) (Communications, Médiations, Organisations, Savoirs), Université Bourgogne, Dijon, Ecole Nationale Supérieure de la photographie d’Arles (Christian Gattinoni), Université Panthéon-Sorbonne-Paris I (France), Laboratoire CRIT. Université de Franche-Comté, Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles (C.R.I.T.) (EA3224), Université du Québec à Montréal Réseau de recherche-création en arts et technologies médiatiques (HEXAGRAM), Université de Valencia UPV, Faculté des Beaux Arts, département, sculpture performance (Espagne), Université d’Aix-Marseille – Institut d’ethnologie méditerranéenne et comparative (France) , Équipe de recherche en histoire de l’art contemporaine (ERCO) Laboratoire de recherche en Histoire de l’art - Centre André Chastel, Université Paris-Sorbonne Paris IV (France), École des Beaux-Arts de Dijon (France) & EMA Fructidor (Chalon-sur-Saône) Partenariat, La Plateforme de regroupement des écoles d’art de la région Bourgogne Franche-Comté, ERG, École de recherche graphique -Bruxelles (Belgique), École du Centre Nationale d’Art Contemporain Le MAGASIN - Atelier des Horizons (Grenoble) , ASFA, Ecole des beaux-arts & Université d’art d’Athènes (Grèce ), École Nationale d’Art Visuel de la Cambre à Bruxelles (Belgique), Institut Supérieur National des Beaux-Arts de Tétouan (Maroc), Académie des Beaux-Arts de Zagreb (Croatie)

Autres partenariats recherche :
Thalie Art Foundation Bruxelles (Belgique), Atelier de l’Observatoire à Casablanca (Maroc), Fondation Arabe pour l’Image à Beyrouth (Liban), Beton 7, Centre d’Art (Grèce), Emily Harvey Foundation de New York (Etats-Unis), Centre d’art Multimédia/Gantner, Laboratoire d’esthétique du geste de l’Université de Franche-Comté qui regroupe le Centre chorégraphique national de Franche-Comté à Belfort, le Centre dramatique national et le Conservatoire, Radio Campus Besançon, Frac Franche-Comté, Saline royale d’Arc-et-Senans, Musée de Dole, Musées de Montbéliard, Cinémathèque de Tanger (Maroc), Institut français de Zagreb (Croatie).


Institut Supérieur des Beaux Arts de Besançon I 12, rue Denis Papin, 25000 Besançon I T. +33 (0)3 81 87 81 30