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L’institut supĂ©rieur des Beaux-Arts de Besançon prĂ©sente

Recherche

Présentation du laboratoire de recherche sols-sous-sols

AncrĂ©e dans l’histoire politique, culturelle et gĂ©ographique de la rĂ©gion et de la ville de Besançon, la recherche Ă  l’Isba s’est dĂ©veloppĂ©e pendant plus de dix ans sous l’intitulĂ© gĂ©nĂ©rique Fronts et frontiĂšres. Deux pĂŽles historiques s’y sont dĂ©ployĂ©s : Corps de l’artiste, actif dĂšs 2005, et Contrat social, créé en 2012.
Faisant Ă©cho aux luttes artistiques et ouvriĂšres et aux frondeurs qui ont marquĂ© la rĂ©gion, de Proudhon Ă  Fourier, de Lip Ă  Courbet, ce cadre rĂ©sonnait Ă©galement avec la situation transfrontaliĂšre de la ville universitaire comtoise, oĂč le Jura marque le paysage Ă  la fois en sĂ©parant et en re-liant la France et la Suisse. Le contrat revendiquĂ© par l’unitĂ© de recherche Ă©tait social : dĂ©fendre la position de l’artiste comme citoyen·ne engagé·e dans la sociĂ©tĂ©, afin de dĂ©cloisonner les frontiĂšres Ă©tablies, gĂ©ographiques, institutionnelles et disciplinaires, et faire front contre la colonialitĂ© des corps, des terres et de la pensĂ©e.

Les engagements critiques et sociaux, portĂ©s par des points de vue situĂ©s et sensibles, forment toujours la colonne vertĂ©brale de la recherche Ă  l’Isba telle qu’elle se dĂ©veloppe aujourd’hui.
Toutefois, pour en renforcer l’actualitĂ© et l’articuler plus Ă©troitement avec les laboratoires de l’UniversitĂ© Marie et Louis Pasteur (ThĂ©MA, LASA, Logiques de l’Agir, Centre Lucien Febvre, FemTo
), la recherche s’organise dĂ©sormais autour de deux figures fĂ©dĂ©ratrices, les sols et les sous-sols, au sein d’un laboratoire dĂ©diĂ©.

On pourrait d’abord voir dans les sols et les sous-sols, un Ă©cho aux deux approches mĂ©thodologiques qui structurent les pratiques de l’art et du design graphique au sein du laboratoire : l’enquĂȘte de terrain et le travail des archives. Mais l’enjeu est surtout de les envisager ensemble, dans leur porositĂ© et profondeurs, en suivant ce qui les traverse et ce qui y circule, comme l’évoquent les traits d’union du titre.

Du bĂątiment de l’Isba, envisagĂ© comme un sol construit sur des sous-sols, jusqu’aux strates gĂ©olo-giques de la Terre, le laboratoire sols-sous-sols met en relation des prĂ©occupations territoriales et cartographiques avec des problĂ©matiques extractivistes, Ă  partir d’approches d’écologie de l’attention, Ă©co-fĂ©ministes, et dĂ©coloniales. Les recherches s’attachent Ă  lire ce qui s’accumule, se transforme ou s’enfouit dans les couches des lieux, en observant les effets matĂ©riels produits par les usages et les dĂ©placements qui les traversent. Par ailleurs, le laboratoire sols-sous-sols offre un cadre pour analyser les infrastructures mĂ©diatiques, institutionnelles et techniques, comme des dispositifs qui produisent des rĂ©gimes de visibilitĂ© et d’invisibilitĂ©, et donc des formes de savoir spĂ©cifiques qu’il s’agit d’interroger et de dĂ©construire.

L’intitulĂ© du laboratoire fait aussi Ă©cho Ă  la notion scientifique de zone critique, espace fragile et vital entre la canopĂ©e et la nappe phrĂ©atique, oĂč interagissent les systĂšmes vivants. Cette notion aux multiples rĂ©sonances exprime bien la porositĂ© entre les champs, les mĂ©thodes et les intentions de la recherche Ă  l’Isba.

Axes de recherche

Le laboratoire sols-sous-sols conduit ainsi des recherches collectives sur la base des trois axes transversaux suivants, reflĂ©tant les problĂ©matiques communes aux programmes et activitĂ©s de recherches :

Axe 1 - Mémoires vivantes

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Le premier axe part de l’intĂ©rĂȘt partagĂ© pour les archives et les tĂ©moignages, en lien avec le savoir, le bĂąti et le vivant. Il s’agit d’interroger les formes de mĂ©moire qui s’activent dans les lieux, les corps, les objets, les plantes et les territoires : mĂ©moires mises au silence, mĂ©moires hĂ©ritĂ©es, mĂ©moires transmises dans le temps long, mĂ©moires sensibles, parfois immatĂ©rielles, ou mĂ©moires portĂ©es par des formes vivantes. L’axe prend aussi en compte la vulnĂ©rabilitĂ© de ces formes de mĂ©moires, qui demandent Ă  ĂȘtre activĂ©es autant qu’Ă  ĂȘtre conservĂ©es.
Le travail sur les enjeux mĂ©moriels vise enfin Ă  dĂ©placer les rĂ©cits, Ă  rĂ©clamer la part du prĂ©sent dans notre regard sur le passĂ© et Ă  interroger les formes de transmission Ă  l’heure oĂč l’histoire est mobilisĂ©e, tantĂŽt pour figer le passĂ©, tantĂŽt pour l’effacer, au service des rĂ©cits dominants.

Axe 2 - Exploitations

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Cette rĂ©flexion se dĂ©ploie en regard de l’exploitation des sols, des sous-sols et des ĂȘtres–humains et non-humains–qui les habitent Ă  l’ùre du CapitalocĂšne. À partir de notions travaillĂ©es au sein des programmes (marge et centre, visible et invisible, matĂ©riel et immatĂ©riel, hors-champ
), sont interrogĂ©es les formes de domination Ă  l’Ɠuvre sur les corps et les territoires, en partant d’une analyse des conditions matĂ©rielles des dispositifs (architecturaux, mĂ©diatiques, politiques, sensoriels…) qui rendent certaines rĂ©alitĂ©s visibles et en laissent d’autres sous le seuil de dĂ©tection.
Conscientes des contraintes politiques, Ă©conomiques et sociales qui rĂ©gissent les possibilitĂ©s mĂȘme de faire de la recherche, les Ă©quipes de recherche questionnent en parallĂšle les formes d’exploitations Ă  travers les pratiques et mĂ©thodologies de la recherche, telle qu’elle se dĂ©ploie dans nos milieux.

Axe 3 - Écologies situĂ©es

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Le troisiĂšme axe dĂ©veloppe diffĂ©rentes pratiques de l’écologie, entendue comme forme d’attention aux milieux de vie, aux ĂȘtres qui les habitent et aux relations qui les composent. Ces relations sont Ă©tudiĂ©es et mises en pratique Ă  partir d’approches plurielles et intersectionnelles (dĂ©coloniales, fĂ©ministes, relationnelles, sensibles), en soulignant l’importance de ce qui constitue le commun. À l’échelle des pratiques, l’analyse des positionnements des corps dans l’espace, ainsi que de la place, de la fonction et des usages des objets dans le temps, alimente une recherche attentive Ă  l’origine des choses et Ă  la matĂ©rialitĂ© des opĂ©rations qui les transforment, y compris celles de filtrage propres aux mĂ©dias et aux dispositifs qui rĂšglent le partage du sensible. L’écologie se comprend alors comme un processus d’émancipation, capable de forger des outils d’attention et d’adaptation dans des milieux en transformation.

À travers ces trois axes, les activitĂ©s de recherche visent ainsi Ă  concevoir et Ă  produire des alternatives critiques et sensibles Ă  ces relations au monde. L’exposition, l’édition et le film interviennent comme des pratiques Ă  part entiĂšre de la recherche relevant de gestes archĂ©ologiques, rĂ©vĂ©lateurs de rĂ©cits, de documents et d’images. Cette diversitĂ© et porositĂ© des formes s’inscrit dans une pers-pective transdisciplinaire et critique.

Le laboratoire au sein du Campus

Outre les collaborations du laboratoire sols-sous-sols avec les laboratoires de recherche de l’UniversitĂ© Marie et Louis Pasteur, les figures des sols et des sous-sols inscrivent Ă©galement l’Isba dans le contexte du campus universitaire de la Bouloie, oĂč se dĂ©veloppent des dynamiques environnementales en lien avec l’implantation du jardin botanique et l’arrivĂ©e prochaine du Conservatoire botanique national de Franche ComtĂ©.
Les recherches menĂ©es par les Ă©tudiant·es, en particulier dans le cadre des mĂ©moires, trouvent dans cet environnement, un espace de mise en partage, d’expĂ©rimentation et de collaborations fructueuses.

Les formats de la recherche : programmes, plateaux, séminaire

Les programmes de recherche du laboratoire

Les programmes de recherche constituent la structure principale sur laquelle repose le laboratoire de recherche. Ils dĂ©finissent les sujets, corpus et territoires spĂ©cifiques des recherches menĂ©es par les enseignant·es chercheur·euses, et participent Ă  la vitalitĂ©, Ă  la diversitĂ© et Ă  la singularitĂ© de la recherche Ă  l’Isba. Ils assurent la cohĂ©rence et l’inscription du laboratoire dans des rĂ©seaux trans-disciplinaires, artistiques et scientifiques.

Programmes Ă  la une

Fixer l’archipel

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InitiĂ© en 2017 par Philippe Terrier-Hermann, le programme Fixer l’archipel explore les Ăźles mĂ©diterranĂ©ennes comme des espaces d’expĂ©rimentation artistique, gĂ©ographique et politique. L’archipel y est envisagĂ© comme un point de vue situĂ© permettant de repenser la place de l’artiste et d’interroger les notions de frontiĂšres, de migration, de territoire et de crĂ©ation. Le cadre insulaire, Ă  la fois rĂ©el et mĂ©taphorique, favorise une pensĂ©e fluide et relationnelle, oĂč chaque Ăźle devient un lieu d’ancrage, de mĂ©moire et de transformation.
InspirĂ©e par les travaux de Deleuze, Glissant, Haraway ou l’Internationale situationniste, la recherche mobilise la marche, la dĂ©rive et la dĂ©ambulation comme mĂ©thodes, associĂ©es aux cartes, archives, rĂ©cits et savoirs vernaculaires. Ces pratiques constituent une Ă©cologie du regard, attentive aux lieux et au vivant. Le programme questionne la crĂ©ation collective dans un monde saturĂ© d’objets et dĂ©fend une Ă©thique du « non-faire Â» actif, fondĂ©e sur le rĂ©agencement et le partage. Les productions artistiques valorisent ainsi une esthĂ©tique des communs, la coopĂ©ration et la responsabilitĂ© Ă©cologique, en dialogue avec les enjeux du laboratoire Sols-sous-sols.
En savoir plus.

LA FRAUDE

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LA FRAUDE est un programme de recherche prenant forme au sein d’une revue conçue par un·e collectif·ve d’Ă©tudianX de l’Isba, accompagnĂ©X de Martha Salimbeni et Camille Chatelaine. LA FRAUDE se dĂ©ploie comme un rhizome en infectant le rĂ©seau de bus bisontin, en l’investissant un arrĂȘt aprĂšs l’autre, dans sa propre saisonnalitĂ©. Le rĂ©sultat de cette mise en jachĂšre, dont les modes de production varient au grĂ© des individuX qui composent l’Ă©quipe Ă©ditoriale, est un numĂ©ro dont les contenus Ă©rodent les enjeux soulevĂ©s par le nom de l’arrĂȘt de bus hĂŽte. Pour survivre en milieu hostile–ses contraintes matĂ©rielles, politiques, Ă©conomiques et sociales–LA FRAUDE est mutante et fluide, se rĂ©plique sur les sols, et les contamine dans leurs couches, en se faisant rĂ©vĂ©latrice de rĂ©cits, de documents et d’images, en devenant des modes d’enquĂȘte, et en faisant parfois de l’archĂ©ologie. Toujours Ă  rebours des certitudes, chaque annĂ©e elle se recompose, infectieuse. Le numĂ©ro 0 Au dĂ©pĂŽt, a commencĂ© avec celleux qui conduisent, rĂ©parent, prennent soin des bus, principal transport en commun de la ville de Besançon. Le numĂ©ro 1 CimetiĂšre s’arrĂȘte lĂ  oĂč tout se termine, mais oĂč se dessinent les contours d’un monde Ă  venir. NumĂ©ro 2 Ă  suivre


Programmes actifs

Foley Objects

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InspirĂ© des objets dits « Foley Â», utilisĂ©s pour produire des effets sonores au cinĂ©ma, le programme de recherche Foley Objects (initiĂ© et portĂ© depuis 2021 par Claire Kueny et Daniele Balit) explore le hors-champ des productions artistiques pour proposer une rĂ©flexion sur les mĂ©dias, les dispositifs techniques, les rĂ©gimes de visibilitĂ© et la matĂ©rialitĂ© du sensible.
À l’intersection du son, de la chorĂ©graphie, de la sculpture et du cinĂ©ma, ces objets, souvent invisibles mais essentiels, y sont analysĂ©s comme des mĂ©taphores des diffĂ©rents rĂ©gimes de perception et d’attention.
En s’appuyant sur les mĂ©thodologies de l’enquĂȘte et de la contre-enquĂȘte, Foley Objects travaille au dĂ©cryptage des opĂ©rations et des techniques perceptuelles Ă  l’Ɠuvre, ainsi qu’aux enjeux politiques et sociaux qui en dĂ©coulent. Les coulisses, l’arriĂšre de la scĂšne et de l’écran, sont les sous-sols que nous arpentons, oĂč se rĂ©vĂšle et se cache ce qui n’est d’ordinaire pas conçu pour ĂȘtre vu.

Hive

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Le programme hive prend pour point de dĂ©part l’architecture moderniste de l’Isba, conçue par Josep Lluis Sert. Ce bĂątiment, par ses modules standardisĂ©s et sa rĂ©sonance avec les formats indus-triels (DIN, A4, etc.), engage une rĂ©flexion artistique sur les formes modernes d’habiter, de pro-duire et de transmettre. NĂ© de l’exposition archive (2021), ce programme poursuit une exploration in situ du bĂątiment comme espace vivant et porteur d’histoire, tout en tissant des liens avec les contextes internationaux.
Le mot anglais “hive”, qui signifie ruche, est aussi une mĂ©taphore qui rĂ©sonne avec le mode opĂ©ratoire du programme.
InitiĂ© par Valentine Verhaeghe dans le cadre du pĂŽle Corps de l’artiste, il est aujourd’hui portĂ© par Rainer Oldendorf (enseignant) et des Ă©tudiantes et Ă©tudiants de l’Isba.

Projets en développement au sein de la recherche

Olfaction et transmission du sensible

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En se concentrant spĂ©cifiquement sur l’olfaction dans la production et la rĂ©ception des Ɠuvres, le projet Olfaction et transmission du sensible explore l’Ɠuvre vĂ©cue Ă  travers la sensorialitĂ© et la corporĂ©itĂ© des spectateur·ices, non pas comme un objet statique, mais comme lieu d’expĂ©rience, de transmission d’un Ă©tat Ă  un autre.
L’olfaction, en touchant directement la mĂ©moire et l’affect, questionne notre maniĂšre de percevoir, et agit comme un langage discret, capable de rĂ©vĂ©ler ce qui reste enfoui : des histoires, des mĂ©moires
 Le projet s’intĂ©resse ainsi aux couches invisibles du monde sensible. Au croisement d’art, d’écologie et de pĂ©dagogie, il interroge les enjeux autour des archives immatĂ©rielles et des gestes transmis. L’olfaction devient une maniĂšre de penser le rapport au vivant et Ă  la mĂ©moire, un outil d’enquĂȘte et de mise en Ɠuvre de dispositifs artistiques et interdisciplinaires (installations, cartographies, performances, rĂ©cits partagĂ©s, Ă©criture…) oĂč sentir et narrer se rĂ©pondent.
PortĂ© par Émilie Mc Dermott.

Matériologie

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MatĂ©riologie est un projet d’école ayant pour ambition d’interroger l’origine, les dĂ©placements et le devenir des choses, pour soutenir la mise en place d’une matĂ©riauthĂšque au sein de l’Isba. Au re-gard des dĂ©fis Ă©cologiques et environnementaux, les artistes sont de plus en plus confrontĂ©s Ă  des questions de production qui prennent en compte les enjeux d’un Ă©cosystĂšme artistique Ă©conomiquement fragile et en mutation. Le matĂ©riau comme question premiĂšre permet d’aborder l’innovation en termes de formes, mais aussi les logiques d’économie (ressources) et de production des Ɠuvres (moyens). En Ă©tudiant diffĂ©rentes Ă©tapes de la vie d’un objet, depuis sa fabrication–voire l’extraction et l’importation des matiĂšres premiĂšres qui le constituent–jusqu’à son recy-clage, nous souhaitons ancrer nos travaux dans une rĂ©flexion globale sur leur matĂ©rialitĂ©, leur plas-ticitĂ© et leur dimension anthropologique.
Avec Anaïs Maillot-Morel, Juliette Nier, Gilles Picouët et Laure Wauters et les étudiant·es

Les plateaux, espaces de recherche-création du laboratoire

Les plateaux structurent et ancrent la recherche crĂ©ation au sein de la pĂ©dagogie. Comme des espaces habitĂ©s et orientĂ©s, ils maintiennent la circulation des formes et des mĂ©thodes entre la recherche et la pĂ©dagogie. Ils reprĂ©sentent la colonne vertébrale de l’enseignement ouvert. S’y explorent des problématiques que les enseignant·es ont dĂ©gagĂ©es et qui font Ă©cho Ă  leurs pratiques, à leurs interrogations par rapport aux enjeux contemporains, et aux axes de recherche sur lesquels l’école se positionne au sein de son laboratoire de recherche.
Chaque plateau est transdisciplinaire et vise à mettre en perspective, assembler, hybrider, construire de nouvelles approches au-delà des pratiques par médias, par sciences, par formats.
Les plateaux comprennent des dispositifs permettant d’exposer, d’éditorialiser, de théoriser et d’articuler la recherche. Ils en sont Ă©galement le prolongement.

La proposition actuelle vise Ă  dĂ©finir quatre espaces d’initiation Ă  la recherche et deux corpus transversaux, selon l’organisation suivante :

Les espaces :

Les lieux du vivant (territoires et écologie)

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Le plateau Les lieux du vivant explore les notions de territoire et Ă©cologie critique Ă  partir d’expĂ©riences situĂ©es et multisensorielles. Les formes d’édition et d’exposition y sont pensĂ©s comme des milieux Ă  part entiĂšre capables de faire circuler des rĂ©cits et des relations entre humain et non humain.

La fabrique (travail/production, matiÚres, sociétés, communs)

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Le plateau La fabrique met au premier plan les conditions sociales et matĂ©rielles de la production artistique. Il aborde les lieux et les processus de travail, l’émergence des objets dans leurs chaĂźnes de fabrication, ainsi que les formes de coopĂ©ration qui rendent possible un faire commun dans un contexte Ă©cologique et Ă©conomique contraint.

FenĂȘtres ouvertes, images manquantes (enquĂȘter la prĂ©sence des images)

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Le plateau FenĂȘtre ouverte, image manquante ouvre un espace d’enquĂȘte sur les images, leurs modalitĂ©s d’apparition et de disparition, ainsi que leurs seuils de dĂ©tection et de sous dĂ©tection. Il interroge les filtres techniques et institutionnels qui organisent ce qui circule, ce qui se montre, ce qui se perd, et mobilise des pratiques visuelles, graphiques et Ă©ditoriales pour rejouer ou contester des rĂ©gimes de reprĂ©sentation.

Caves, grottes (archives, mémoires, oublis)

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Le plateau Caves, grottes travaille les questions d’archive, de mĂ©moire, de droit Ă  l’oubli et de dĂ©sir de savoir. Il s’intĂ©resse Ă  la construction de rĂ©cits, aux gestes d’éditorialisation et aux formes de restitution, en reliant fondations bĂąties et profondeurs gĂ©ologiques dans la constitution, toujours situĂ©e, du savoir.

Les « corpus transversaux » :

Langues communes, langues étrangÚres

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Le plateau Langues communes, langues Ă©trangĂšres rassemble des pratiques de rĂ©cit, d’écriture, d’édition, d’archivage et de traduction au sens large, en portant attention aux passages du signe au langage, de l’oubli au savoir (et rĂ©ciproquement) ; de langue Ă  langue et d’un corps Ă  l’autre.

ChimÚre(s) (transdisciplinarité, hybridation, luttes)

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Le plateau ChimĂšres met l’accent sur l’hybridation et la transversalitĂ©, en accueillant des formes instables, des croisements de mĂ©diums, de trans-Ă©tats et de mise en question des normes.

Le séminaire de recherche

Le laboratoire s’appuie Ă©galement sur un cycle de sĂ©minaires qui explore au sein de la pĂ©dagogie, des outils de recherche-crĂ©ation.
Six Ă  huit sĂ©ances par an permettent aux chercheur·euses de l’Isba d’inviter des artistes, des graphistes, des designer·euses, chercheur·euses (en histoire de l’art, anthropologie, neurosciences, gĂ©ographie, archĂ©ologie
), des Ă©crivain·es et des Ă©diteur·ices Ă  partager leurs recherches et leurs mĂ©thodologies de travail avec les Ă©tudiant·es.
Le sĂ©minaire confronte ainsi les Ă©tudiant·es Ă  la diversitĂ© des pratiques de la recherche et met Ă  l’épreuve l’approche stratigraphique liĂ©e aux figures des sols et des sous-sols. À travers une variĂ©tĂ© de formats (ateliers de recherche-crĂ©ation, espaces d’échanges, prĂ©sentations), il propose des stratĂ©gies pour repĂ©rer, cartographier et reprĂ©senter les zones critiques et les zones de vulnĂ©rabilitĂ© des milieux habitables, et expĂ©rimente des maniĂšres de rendre ces milieux lisibles et reprĂ©sentables.

Les instances : le laboratoire et le conseil de la recherche

Deux instances composent la recherche Ă  l’Isba : un laboratoire et un conseil de la recherche.
Le laboratoire de recherche rĂ©unit l’ensemble des enseignant·es chercheur·euses qui dĂ©terminent collectivement les axes prioritaires de travail et identifient les programmes de recherche Ă  mettre en Ɠuvre sur plusieurs annĂ©es, selon des temporalitĂ©s et des Ă©chelles variĂ©es, en lien Ă©troit avec les espaces de travail de l’école. Il est aussi un espace de travail Ă  part entiĂšre, au sein duquel ses membres construisent et partagent les productions de la recherche Ă  l’Isba.
En complĂ©ment du laboratoire, un conseil de la recherche rassemble essentiellement des personnalitĂ©s extĂ©rieures Ă  l’établissement, disposant d’une expertise reconnue sur les questions de recherche en art et dans des disciplines connexes. Il a pour mission d’examiner les orientations proposĂ©es, d’évaluer la cohĂ©rence des axes dĂ©finis, et de formuler des avis sur la stratĂ©gie globale de la recherche menĂ©e Ă  l’Isba.