Histoire(s) de JPO
Histoire(s) de JPO
Lâart contemporain serait-il un art de la fin de lâHistoire ?
Câest ce que lâon pourrait penser Ă entendre ce qui est dit de lui, il sâagirait dâun art hors-sol tout empreint de formalisme Ă©thĂ©rĂ©, absent du monde tel quâil va.
Or, vouloir Ă toute force considĂ©rer lâart contemporain comme an-historique câest oublier, par exemple, lâimportance de la rĂ©fĂ©rence de celle-ci dans le travail des crĂ©ateurs, y compris des plus jeunes. Lâune se rĂ©clame explicitement de lâart antique, lâautre des blasons mĂ©diĂ©vaux, lâautre encore de la Grande Guerre. LâHistoire est dâabord affaire dâhistoriographie, chaque prĂ©sent choisit dans le passĂ© ce quâil convient de cĂ©lĂ©brer ou de passer sous silence. Ce quâil convient de conserver ou de sauver et ce que lâon peut considĂ©rer comme nĂ©gligeable. Le patrimoine est toujours une affaire contemporaine. Ainsi ces JournĂ©es Portes Ouvertes feront la part belle Ă lâHistoire quâil sâagisse des pĂ©riodes supposĂ©es inspirantes, ou dâanciennes
techniques revisitĂ©es, ou mĂȘme de ces figures telle la Jeanne dâArc de Charlotte Guinot-Bacot ou le Mao de Yan Pei Ming qui sont comme rĂ©activĂ©es de maniĂšre critique.
Lâartiste, critique de lâHistoire, soulignant, par sa crĂ©ation mĂȘme les risques de lâoubli. Car il nâest peut-ĂȘtre jamais indiffĂ©rent de rĂ©clamer cette amnĂ©sie comme si la crĂ©ation dâaujourdâhui vivait dans une totale autarcie intellectuelle. Pour une Ă©cole supĂ©rieure dâart comme la nĂŽtre, la question se pose aussi dans lâimportance
donnĂ©e aux enseignements dâHistoire de lâart, Ă la bibliothĂšque et plus gĂ©nĂ©ralement aux interventions littĂ©raires, anthropologiques, ou philosophiques qui cimentent nos cinq annĂ©es de formation.
CrĂ©er aujourdâhui, câest donc bien se situer, historiquement au moins câest aussi reconnaĂźtre les hĂ©ritages et les filiations, authentifier intelligemment les combats le cas Ă©chĂ©ant.
Posture est souvent imposture et il faut Ă nos Ă©lĂšves une culture gĂ©nĂ©rale historique qui, comme le disait le vieux Kant construit vĂ©ritablement une personnalitĂ©, la culture comme « Bildung » sera toujours prĂ©fĂ©rable Ă la « Kultur » comme vernis qui laisse son dĂ©tenteur intact et insensible. Ainsi, nous vous invitons Ă saisir ce que peut avoir dâhistorique nos pas les plus rĂ©cents, de corollĂ©es nos dĂ©marches les plus contemporaines.
Alors, certes, il y aura dans cette jeunesse du monde que nous accompagnons toujours lors de ces journĂ©es des effets drĂŽles de panoplies de gentes dames ou dâimages des annĂ©es 80 ou encore faisons lui confiance de la
prĂ©histoire. Mais, comme tous les ans, nos JPO souriantes et dĂ©contractĂ©es vous invitent aussi Ă rĂ©flĂ©chir sur ce lien quâil serait douteux de voir comme un indĂ©passable paradoxe entre crĂ©ation contemporaine et Histoire. Le service archĂ©ologique, le RĂ©seau Vauban et bien dâautres partenaires Ă©mailleront cette journĂ©e et cette source oĂč, Besançon oblige, le temps en son entier tente de nous dĂ©livrer une partie de ses secrets.
Laurent DevĂšze.