Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon
Livret de l’étudiant(e)

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LE MOT DU DIRECTEUR

L’Institut Supérieur des Beaux Arts de Besançon est une école supérieure d’arts visuels qui prépare à deux DNSEP/Masters en arts et en communication visuelle. Le projet d’établissement qui mobilise l’ensemble de l’équipe éducative (enseignants-artistes, chercheurs, intervenants, assistants, moniteurs et équipe technique ou administrative) s’inspire de deux grands principes et peut se présenter comme le développement de trois objectifs essentiels :
Les deux principes qui légitiment notre action concernent notre volonté d’assumer deux grandes tensions celle, en premier lieu, qui existent entre le désir d’ancrage territorial et celle d’une toujours plus grande ouverture sur le monde. Le second d’être une école d’excellence qui ne soit pas un lieu d’exclusion.
Le premier pouvant se résumer sous le vocable anglo-saxon de « glocal » qui signifie dans une logique de pensée que ne désavoueraient pas Edouard Glissant ni Kenneth White qui signifie qu’en étant pleinement soi même, on ne peut que se reconnaître que comme un « homme-carrefour » ouvert à tous les vents culturels. De même l’établissement en tant qu’institution bisontine pluriséculaire ne saurait se désolidariser d’une ville et de son destin historique qui de terre de naissance de Hugo, Fourier, Proudhon ou Courbet et de Lip au CLA ne cesse de produire œuvres et actions qui tendent à s’universaliser comme références. Aussi sommes nous cosmopolites parce que franc-comtois et bisontins en quelque sorte. L’ouverture se fait alors fidélité à soi-même.
Le second principe signifie qu’en aucun cas la recherche d’excellence, et les chiffres de nos concours en attestent suffisamment la réalité, ne saurait se choisir comme synonyme la volonté d’exclusion sociale. Au contraire, la création en art ou en graphisme ne se conjugue jamais aussi bien qu’en se nourrissant d’apports individuels non formatés. L’ISBA n’est pas l’école d’un style ou d’un profil d’élèves, pas plus que notre pédagogie ne s’inspire d’un pseudo darwinisme qui ne retient de l’origine des espèces que son aspect lutteur et éliminatoire, le fameux « struggle for life » spenglerien. L’isba comme son homonyme russe est une maison commune où chacun est amené à se retrouver, quelle que soit sa provenance ou ses difficultés et où ni condition d’étude ni âge ne sont requis comme préalables.Nos classes en somme ressemblent à la vie réelle et nous parions qu’un créateur voit sans doute mieux le jour dans cet environnement bigarré et chatoyant que dans le morne agencement d’une fabrique de purs sangs.
Ceci posé nos trois priorités peuvent s’exprimer alors clairement de la manière suivante :

1 - UNE RECHERCHE-CRÉATION STRUCTURÉE

Du livre célèbre du géographe diplomate Michel Foucher nous avons tiré le titre de notre pôle fédérateur de recherche : Fronts et Frontières. Celui se déclinant selon trois lignes qui ne cessent de s’entrecroiser au gré des expositions des colloques et rencontres et de nos partenariats académiques et culturels : la réflexion autour du corps de l’artiste qui interroge la notion historique, de performance, le questionnement appelé contrat social qui revisite la notion d’engagement et de « situation » au sens sartrien du terme y compris dans les pires situations géopolitiques et enfin imprimer qui se joue lui aussi des frontières disciplinaires cette fois pour éprouver celles des métiers d’art avec le livre d’artiste et son édition ou celles de l’art contemporain et sa sémiologie en explorant les nouvelles métamorphoses du graphisme. Qu’il s’agisse donc ici de s’interroger sur le rôle de l’artiste dans les crises du monde ou des possibiltés contemporaines de s’assumer comme corps ou encore de bousculer les antiques ordonnances disciplinaires qui distinguait en séparant art et art graphique, « Fronts et Frontières » permet à l’élève dès le second cycle de ses études de cultiver ce que Michel Foucault appelait une « saine inquiétude ».

2 - LA FABRIQUE CULTURELLE

La seconde priorité de l’établissement correspond à l’idéal que les merveilleuses utopies du Bauhaus à celles de Black Forest Mountain ont bâti celle qui consiste à mettre au plus tôt l’élève en capacité de produire et montrer. De multiples partenariats solides ont été passés avec des musées, des centres d’art, des collectivités locales, des gestionnaires publics et privés de l’espace urbain, nous permettant d’afficher soit par les manifestations que nous organisons, soit en répondant à des demandes toujours plus nombreuses, une réelle présence culturelle territoriale. Présence qui ,outre son importante traduction médiatique et publique, permet à nos anciens élèves d’assumer de fructueux « premiers pas » et à nos étudiants de s’essayer à ce qui fera bientôt leur quotidien professionnel. Soucis de visibilité et devoir d’insertion professionnelle trouvant bien dans cette « fabrique culturelle » une puissante coïncidence.

3 - UNE « ÉCOLE-MONDE »

Enfin le troisième objectif de notre projet d’établissement est d’ancrer l’ISBA dans une authentique culture internationale. Ceci suppose de développer nos partenariats Erasmus (plus de trente aujourd’hui dûment évalués tous les ans par un enseignant coordinateur et le service compétent) mais aussi d’élargir et d’approfondir notre périmètre de coopération culturelle, pédagogique et de recherche-création en cultivant des relations étroites et privilégiées avec des pays tels la Grèce, le Japon, le Bangladesh ou la Côte d’Ivoire et le Maghreb, quittant la sacro sainte trinité trop souvent exclusive de Londres, Berlin et New York. Dans le même esprit une résidence internationale d’artistes a été créée voici huit ans et nous permet d’accueillir quatre ou cinq jeunes artistes du monde par an qui vivent et créent parmi nos élèves.Cette culture internationale de l’école leur doit beaucoup comme à l’origine nationale ou au statut binational de nombreux enseignants.Il est aussi indéniable que notre statut transfrontalier avec la Suisse avec laquelle nous entretenons des partenariats réguliers qui excèdent les seules écoles corrobore cette réputation d’école monde qui fait notre fierté. Ainsi l’ISBA par son projet d’établissement affirme-t-elle une originalité qui lui permet, forte de ses deux cent cinquante étudiants et de son bâtiment moderniste envié conçu par José Luis Sert, de jouer à plein son rôle dans la Grande région Bourgogne Franche- Comté avec ses partenaires et amis de Châlon, Dijon et des deux dynamiques classes péparatoires publiques de Beaune et Belfort. En passe de constituer formellement une plateforme d’enseignement et de recherche en arts visuels, graphisme et design, intégrer l’ISBA est tout sauf emprunter un cul de sac mais au contraire s’habituer à devenir acteur d’une formation de haut niveau en un authentique archipel de spécialités.

Laurent Devèze


Institut Supérieur des Beaux Arts de Besançon I 12, rue Denis Papin, 25000 Besançon I T. +33 (0)3 81 87 81 30