Mon travail s’intĂ©resse moins Ă l’image comme reprĂ©sentation qu’Ă sa fabrication, Ă sa matĂ©rialitĂ© et Ă son potentiel de transformation. Les rĂ©actions autonomes des matĂ©riaux, l’accident, la latence et l’Ă©chec deviennent des Ă©lĂ©ments constitutifs de mes expĂ©rimentations. J’explore une photographie qui se construit dans le temps, oĂč la chimie agit comme un partenaire plutĂŽt que comme un simple procĂ©dĂ© de fabrication.
J’envisage le laboratoire comme un espace oĂč les images se rĂ©vĂšlent, se transforment et se digĂšrent. Cette recherche me conduit Ă envisager la photographie comme une matiĂšre vivante, traversĂ©e par des transformations continues. J’explore les Ă©tats de l’image, les traces laissĂ©es par les rĂ©actions chimiques et les formes qui Ă©mergent de leur lente rĂ©vĂ©lation. Le paysage y occupe une place essentielle, non comme un motif Ă reprĂ©senter, mais comme un territoire parcouru, habitĂ© et transformĂ©, oĂč les gestes du laboratoire prolongent ceux de la dĂ©ambulation.
La transmission occupe Ă©galement une place essentielle dans ma pratique. Mon mĂ©moire de recherche, Cuisine Photographique, envisage le laboratoire comme un lieu de partage oĂč les savoir-faire circulent Ă la maniĂšre de recettes. Cette rĂ©flexion prend forme dans une pratique fondĂ©e sur l’expĂ©rimentation collective, la circulation des gestes et la rĂ©appropriation de techniques photographiques envisagĂ©es comme des espaces de crĂ©ation, de rencontre et de transmission.